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Objectsfor/

Drôle d’utopie

Camille Riboulleau, le fondateur d’Objectsfor/, est jeune, très jeune, et ses créations reflètent de la plus belle manière qui soit cette jeunesse, par l’enthousiasme et l’humour qui s’expriment en elles, dans leur conception à la fois radicale et poétique. Proposant à travers chaque objet sorti de ses mains une vision engageant le monde sur une voie joyeuse et colorée, constituée de matériaux simples – laine, bois, aluminium – intelligemment assemblés et ne nécessitant comme seul outil de montage – pour la table en chêne par exemple, que celui qui ne nous quitte jamais – exception faite du capitaine Crochet, bien entendu : nos mains. Le programme du jeune homme est limpide, les objets sont dédiés à quatre activités primordiales : s’asseoir, s’attabler, manger et se reposer; on n’est pas loin du manifeste.

Afin de recréer un monde accueillant, commençons par le sol, et ce qui l’adoucit, le tapis. Ceux de Camille Riboulleau ne délimitent pas l’espace, ils jouent avec et envisagent éventuellement de grimper aux murs. Ici point de carrés, ni de rectangles, mais courbes, arcs et voutes établissent un lien (de laine feutrée) entre l’esthétique land art inspirée du jardin zen, lieu de recueillement et de méditation, comme il se doit pour tout tapis digne de ce nom, et la joyeuse folie qu’engendrait le circuit de petites voitures électriques 24 et ses tronçons interconnectés, traçant un parcours toujours nouveau dans l’appartement parental. Trois aires de 3m2 chacune : 16° (l’arc léger), 108° (le plus-que-quart de cercle), 180° (le kapoorien demi-tour), déclinées dans trois couleurs : gris clair, orange et bleu Klein, ça fait neuf ! Que fait-on sur un tapis ? Nous vous conseillons d’y pique-niquer, avec les assiettes, mais qu’ont-elles, ces assiettes en terre cuite émaillée à Vallauris ? Elles sont double-face, oui, certes, elles possèdent donc, comme tout le monde, deux côtés, mais là, c’est différent, elles sont à la fois (assiettes) creuses et plates, eh oui, on y mange de la soupe, ou une sole, c’est selon.

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